Lanaudière et les Laurentides : quand 13,6% du Québec sont oubliés

Lettre ouverte publiée le 22 septembre 2026 dans le cadre des élections provinciales.

Chères candidates, chers candidats aux élections provinciales,

Lorsque vous formerez le prochain gouvernement, quelle importance accorderez-vous aux Laurentides et à Lanaudière, qui comptent à elles seules 13,6 % de la population du Québec?

En tant qu’élus municipaux, nous le constatons chaque jour : Lanaudière et les Laurentides ne sont plus de simples banlieues à la périphérie du Grand Montréal. Avec 1,2 million de citoyens et une croissance qui se poursuivra, nos deux régions sont devenues des moteurs importants du développement québécois. Cette croissance est une force, mais elle révèle aussi une réalité préoccupante : nos infrastructures, nos services publics et nos collectivités subissent une pression que l’État québécois n’a pas su anticiper.

À l’occasion de cette campagne, nous demandons aux partis de se commettre sur l’avenir de nos régions. Peu importe qui formera le prochain gouvernement, celui-ci devra répondre à des défis qui ne sont plus théoriques : ils ont un visage, une adresse et des conséquences bien réelles dans nos villes et nos municipalités. Ils influencent déjà notre capacité à nous déplacer, à nous loger, à accéder aux services et à développer nos territoires. Nos régions ont besoin d’engagements clairs et d’actions concrètes, à la hauteur de leur croissance.

Vers l’équité régionale pour répondre à nos défis collectifs

  1. Un réseau routier à bout de souffle

Qui n’a pas déjà planifié ses déplacements en fonction des heures de pointe et des axes routiers de Lanaudière et des Laurentides? Déficit d’entretien, bouchons, détours : nos routes font régulièrement les manchettes, pendant que des travailleurs et des familles perdent un temps précieux sur la route.

Le transport collectif a besoin de plus qu’une annonce de campagne : il lui faut un réseau régional structurant, pensé pour les déplacements quotidiens entre municipalités et adapté à nos réalités territoriales, pas seulement une liaison vers Montréal promise depuis trop longtemps.

Et pendant ce temps nos deux régions se partagent une seule direction régionale du ministère des Transports. Une seule porte d’entrée pour plus de 1,2 million de personnes, l’équivalent de deux fois la population de la Ville de Québec ? C’est insuffisant.

  1. Des soins de santé qui peinent à suivre la croissance

Nos populations augmentent. Notre capacité à les soigner doit suivre. Or, l’offre de soins de proximité peine encore à répondre à la croissance et aux besoins qui en découlent. Des services plus accessibles, des infrastructures adaptées et une planification qui tient compte de l’évolution démographique sont nécessaires.

On ne peut pas continuer à planifier les soins de santé comme si nos régions étaient celles d’il y a trente ans. Le développement de nos territoires doit s’accompagner d’une offre de services publics à la hauteur de la population qui y vit.

  1. Une école qui manque de classes pour des enfants bien réels

Dans des régions où le taux de diplomation est préoccupant, l’accès à une éducation de qualité et à des services de soutien adéquats n’est pas un luxe : c’est notre avenir. Pourtant, la capacité d’accueil de nos établissements et la planification des infrastructures peinent à suivre l’évolution démographique de nos communautés, de la petite enfance à l’enseignement supérieur.

Il en va de la vitalité socioéconomique de nos collectivités et de la pérennité de nos entreprises à long terme. Nos enfants méritent mieux que d’apprendre à compter dans une classe modulaire installée en attendant qu’on construise, un jour, LA vraie école.

  1. Un territoire qu’on ne peut pas gouverner avec un seul moule

Lanaudière et les Laurentides ne peuvent être aménagées selon une recette unique, en fonction d’une politique imaginée à Québec, pour l’ensemble des régions. Nos territoires ont leurs propres réalités, leurs contraintes et leur potentiel. Les politiques gouvernementales doivent en tenir compte et donner aux municipalités et aux MRC la latitude nécessaire pour adapter les orientations aux réalités du terrain.

  1. Une gouvernance de proximité trop souvent ignorée

Nous demandons également que soit pleinement reconnu le principe de gouvernance de proximité. Lorsque le gouvernement confie un programme ou une responsabilité aux MRC, il doit également leur faire confiance pour prendre les décisions qui en découlent. Les élus et les administrations locales connaissent mieux que quiconque les réalités de leur territoire, les enjeux auxquels font face leurs citoyens et les solutions les plus pertinentes à mettre en œuvre. La dévolution des compétences doit donc s’accompagner d’une véritable autonomie décisionnelle, sans multiplication de contraintes ou d’approbations qui limitent la capacité d’agir des régions. Décentraliser, c’est non seulement transférer des responsabilités, mais aussi reconnaître la légitimité des instances locales à exercer leur jugement et à adapter l’action publique aux besoins de leur communauté.

Nous ne demandons pas de traitement de faveur, mais que Lanaudière et les Laurentides soient considérées à la hauteur de leur contribution à l’essor du Québec et de leur potentiel encore largement sous-exploité.

Nous sommes prêts à rencontrer chacun des partis et à travailler avec le prochain gouvernement, quel qu’il soit, afin de trouver des solutions équitables. Parlons-en donc dès maintenant.

Signataires du Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL)

Xavier-Antoine Lalande  – Président, Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL) et Préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord

Marc L’Heureux – 1er Vice-président, Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL) et Préfet de la MRC des Laurentides

Catherine Hamé – 2e Vice-présidente, Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL) et Préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut

Bernard Bigras-Denis – Préfet de la MRC d’Argenteuil

Daniel Bourdon – Préfet de la MRC d’Antoine-Labelle

Liza Poulin – Préfète de la MRC de Thérèse-De Blainville

François Robillard – Préfet de la MRC de Deux-Montagnes

Roxanne Therrien – Mairesse de Mirabel

Jacques Allard – Maire de L’Ascension

Rémi Barbeau – Maire de Saint-Jérôme

Marc Lamarre – Maire de Saint-Eustache

Kévin Maurice – Maire de Brownsburg-Chatham

Kimberly Meyer – Mairesse de Lac-Tremblant-Nord

Marie-Elaine Pitre – Mairesse de Rosemère

Louise Trottier – Mairesse du Lac-des-Seize-Iles

Signataires de la Table des préfets de Lanaudière

Isabelle Perreault - Présidente, Table des préfets de Lanaudière et Préfet de la MRC de Matawinie

Patrick Massé – Vice-président, Table des préfets de Lanaudière et Préfet de la MRC de Montcalm

Guillaume Tremblay – Vice-président, Table des préfets de Lanaudière et Préfet suppléant de la MRC Les Moulins

Nicolas Dufour – Préfet de la MRC de L’Assomption

Christian Goulet – Préfet de la MRC de D’Autray

Audrey Boisjoly – Préfète suppléante de la MRC de Matawinie

Josyanne Forest – Préfète suppléante de la MRC de Montcalm

Alain Goyette – Préfet suppléant de la MRC de D’Autray

Normand Grenier – Représentant de la MRC de L’Assomption

Benoit Ladouceur – Représentant de la MRC Les Moulins

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Pour des renseignements complémentaires :

politique@prefetsdeslaurentides.ca